Chargemap Business

Du sales-led au self-service : le funnel qui a fait basculer le produit vers le SaaS

Écran « Informations sur votre entreprise » du funnel d'inscription self-service

Contexte

Un produit solide, un seul chemin pour y accéder. Chargemap Business est la solution de gestion de flotte de Chargemap, un produit B2B à plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires récurrent annuel (ARR). Jusqu'ici, un seul chemin menait au produit : le formulaire du site génère un lead, le CRM le qualifie, puis un commercial prend tout en charge manuellement : contact, contractualisation, onboarding, accompagnement.

Un modèle qui fonctionne. Cependant, cela oblige chaque client, quelle que soit sa taille, à passer par un commercial, qui représente une ressource coûteuse.

Schéma du flux de leads commerciaux avant le self-service
Avant - le flux de leads commerciaux

Problème

L'analyse de 1 600 leads révèle un déséquilibre : plus de 80 % sont des flottes de 1 à 5 véhicules, pilotées par des dirigeants généralistes qui recherchent des solutions simples et rapides. Nous mobilisions la ressource commerciale sur le segment qui la justifiait le moins : les petites flottes, ce qui a entraîné un coût d'acquisition disproportionné, une marge érodée et des prospects perdus dans la friction. L'enjeu n'était pas de mieux vendre, mais d'ouvrir un autre chemin.

Analyse des 1 600 leads entrants, répartition par taille de flotte
1 600 leads entrants du site analysés avec l’IA

Recherche

Une cible encore peu mature dans son électrification, qui cherche de la clarté. Les verbatims expriment tous la même chose : pas de demandes complexes, de la simplicité.

“Je souhaiterais créer un compte professionnel pour centraliser tous mes comptes Chargemap”

“Nous envisageons de nous équiper en véhicules électriques”

“Mise en place de cartes pour les salariés”

“Nous allons accueillir notre premier véhicule électrique fin octobre”

Synthèse des verbatims laissés lors des demandes de contact

Pour ne pas réinventer ce qui fonctionne déjà, j'ai analysé les flux d'inscription et d'onboarding de produits SaaS de référence et de concurrents directs. J'en ai tiré une grille de bonnes pratiques : pré-remplissage automatique des informations de l'entreprise via TVA/SIRET, découpage du flux en sous-étapes, guidage continu post-inscription, collecte des retours qui a directement nourri mes décisions de conception.

Synthèse du benchmark des flux d'inscription self-service B2B
Synthèse du benchmark des flux self-service B2B.

Le marché : Electra ne propose du self-service que sur l'itinérance, Bump reste en contact uniquement. Quasi personne ne propose un vrai self-service de gestion de flotte à part Total, l'opportunité est là.

Bump

Aucune inscription autonome n'est possible.

Electra

Solution self-service mais uniquement en itinérance.

Total Energie

permet de souscrire à l'offre flotte sur le site.

Le défi

Faire passer les gens à travers une friction qu'on ne peut pas retirer. Ouvrir un compte professionnel impose des étapes incompressibles : numéro de TVA, contrôle anti-fraude, signature des CGV. Impossible de les supprimer, elles conditionnent un onboarding conforme. Mon problème n'était donc pas d'enlever la friction, mais de la rendre traversable. C'est toute la différence entre simplifier un écran et concevoir un parcours.

Flux utilisateur identifiant les étapes critiques du parcours
Identification des étapes critiques via un flux utilisateur

Solution

1. L'inscription en libre-service, conçue et construite de zéro

Un funnel guidé qui qualifie et conforme l'entreprise sans commercial. À partir de la seule raison sociale, les informations de l'entreprise sont récupérées automatiquement, l'utilisateur n'a presque rien à saisir. Une étape de qualification de la flotte recommande ensuite le package adapté à sa taille. Et la partie la plus sensible, le contrôle anti-fraude, reste invisible : masqué derrière un temps de chargement, pour qu'une vérification réglementaire obligatoire ne pèse jamais sur l'expérience.

Étape 1 du funnel d'inscription self-service
Étape 2 du funnel d'inscription self-service
Étape 3 du funnel d'inscription self-service
Étape 4 du funnel d'inscription self-service
Étape 5 du funnel d'inscription self-service

2. La boutique & les packs

Faire en sorte que l'utilisateur puisse créer un compte, c'est bien, mais pour générer des revenus, il faut absolument qu'il passe l'étape de la commande, en commandant des badges ou des licences sur la plateforme.

Les enregistrements de sessions utilisateur faisaient remonter plusieurs freins : des catégories et des points d'entrée difficilement lisibles, un panier qui n'affichait ni le prix ni l'impact du renouvellement (« je ne vois pas le coût total »), et des questions sans réponse au moment d'acheter. C'était l'occasion de revoir le flow d'achat. J'ai clarifié les catégories, rendu le panier transparent, prix et renouvellement affichés en direct. C'est aussi là qu'est née l'idée des packs, qui réunissent tout le nécessaire pour la recharge : ils sont devenus le produit le plus vendu aujourd'hui.

Avant

Pas de point d’entrée clair, des boutons disséminés à travers l’interface qui renvoient vers des flows de commande.

Après

Un point d’entrée “boutique” clairement identifiable qui regroupe tous les produits par catégories.

Boutique Chargemap Business, écran 1Boutique Chargemap Business, écran 2

Et après l'achat. Les enregistrements de sessions montraient que la friction continuait au-delà du paiement : une fois le badge commandé, les utilisateurs ne savaient pas toujours quoi faire ni vers qui se tourner. J'ai ajouté, dans le détail de chaque produit, un guidage en trois temps : assigner, activer, piloter, qui indique la prochaine action au bon moment, complété par une FAQ contextuelle qui répond directement aux questions courantes.

Guidage post-achat « assigner, activer, piloter » et FAQ contextuelle

Impact

21 K

ARR généré en 3 mois

100 K

Volume de recharge sur 3 mois

70 %

De commandes après inscription

200

Nouvelles entreprises en 3 mois

54 % de taux de conversion du parcours jusqu'au contrôle anti-fraude. Au-delà, ce contrôle réglementaire écarte les entreprises non éligibles : il fait mécaniquement baisser le taux global, mais garantit des comptes ultra-qualifiés. Résultat : 70 % des entreprises validées passent leur première commande. La friction filtre en amont ; le design convertit en aval.

En déchargeant les commerciaux des petites flottes, le self-service leur a également permis de se concentrer sur les comptes à plus fort potentiel, moins de bruit, une ressource commerciale réallouée là où elle est nécessaire.

Les évolutions produit prévues

La suite. Le contrôle anti-fraude, indispensable aujourd'hui, est également le principal point de friction du parcours. La piste que nous explorons : un modèle de prépaiement où l'organisation ne consomme que ce qu'elle a crédité. Plus de risque d'impayé, donc un meilleur contrôle de solvabilité et une inscription qui se fluidifie d'autant.